Au sommaire · 13 parties
Partie 1 sur 14. L’essentiel en cinq constats
L’adoption progresse rapidement. Le SPF Économie indique que 24 % des PME belges utilisaient au moins une technologie d’IA en 2025, contre 16,4 % en 2024 et 8,7 % en 2023. Sur ce périmètre, l’usage a donc augmenté de 15,3 points en deux ans. Ce mouvement ne dit toutefois rien, à lui seul, sur la profondeur des déploiements ni sur leur rentabilité.
La taille de l’entreprise reste déterminante. Toujours selon le SPF Économie, le taux atteint 54,5 % dans les entreprises moyennes, contre 28,8 % dans les petites et 21,1 % dans les microentreprises. Dans son enquête limitée aux entreprises d’au moins dix personnes, Statbel constate également un fort effet de taille : près de trois entreprises de plus de 250 personnes sur quatre utilisent au moins une technologie d’IA.
Le texte domine, mais le sujet dépasse les assistants conversationnels. Parmi les PME déjà utilisatrices, 64,6 % emploient une technologie d’analyse du langage écrit. La génération de langage atteint 39,3 %, le traitement de la parole 34,7 %, l’automatisation de flux de travail 27 % et l’apprentissage automatique 22,7 %. Les usages déclarés concernent notamment la gestion financière ou comptable, les processus de gestion, le marketing et les ventes.
La plupart des PME achètent avant de développer. Plus de la moitié des PME utilisatrices ont recours à une solution commerciale prête à l’emploi. Le développement par les propres salariés représente 12,1 % des cas recensés, tandis qu’environ une PME utilisatrice sur cinq fait appel à un prestataire externe. La valeur d’un accompagnement réside donc souvent dans le choix, l’intégration, les règles d’usage et le transfert de compétences.
Le cadre public et réglementaire a changé en 2026. L’AI Act est devenu largement applicable le 2 août 2026, selon la Commission européenne. En Wallonie, l’appel Start IA 2026 est clôturé depuis le 30 septembre et le chèque maturité numérique est suspendu pour les nouvelles demandes depuis le 12 juillet. Une entreprise doit donc vérifier l’état exact d’une aide avant de planifier sa mission.
Réponse courte : l’IA est déjà un sujet de gestion courant pour les PME belges. La priorité 2026 consiste à inventorier les usages réels, choisir un problème mesurable, encadrer les données et donner à l’équipe les compétences nécessaires.
Partie 2 sur 14. Méthode : ce que cet observatoire mesure réellement
Cet observatoire est une synthèse éditoriale de sources publiques. Creatib n’a pas mené une nouvelle enquête et ne recalcule pas les réponses collectées par les administrations. Les chiffres présentés viennent principalement du SPF Économie, de Statbel, de Digital Wallonia, de la Commission européenne et des administrations régionales compétentes. La situation des aides a été vérifiée le 8 octobre 2026.
Le millésime d’une publication et l’année observée ne sont pas toujours identiques. Les données nationales les plus récentes utilisées ici décrivent surtout l’année 2025, même si cette page est publiée en 2026. Les annonces wallonnes relatives aux appels à projets et les échéances de l’AI Act sont, elles, actualisées en 2026. Cette distinction évite de présenter une évolution administrative comme une nouvelle mesure d’adoption.
| Source | Ce qu’elle éclaire | Précaution de lecture |
|---|---|---|
| SPF Économie | Adoption, taille, technologies, usages, origine des solutions et freins dans les PME belges en 2025. | La page couvre les entreprises d’au moins deux personnes et exclut certains secteurs. Les microentreprises observées comptent de deux à neuf personnes. |
| Statbel | Diffusion de l’IA, du cloud et de l’analyse de données dans l’enquête TIC 2025 auprès des entreprises d’au moins dix personnes. | Le taux de 34,5 % appartient au périmètre et aux définitions de cette enquête. Il ne remplace pas le taux PME du SPF Économie. |
| Digital Wallonia | Demandes d’accompagnement, projets soutenus et appels régionaux en Wallonie. | Les bénéficiaires d’un programme ne constituent pas un échantillon représentatif de toutes les entreprises wallonnes. |
| Commission européenne et SPF Économie | Calendrier de l’AI Act et démarche proposée aux entreprises qui utilisent des systèmes d’IA. | Les obligations précises dépendent du rôle de l’entreprise, du système et de son niveau de risque. |
Les pourcentages mesurent une déclaration d’usage, non la qualité de la gouvernance, l’impact financier ou le niveau d’automatisation. Une entreprise qui utilise une fonction d’IA dans un logiciel et une entreprise qui exploite plusieurs systèmes intégrés peuvent toutes deux compter comme utilisatrices. Les données officielles permettent de situer un marché ; la décision d’investir demande ensuite une analyse du travail réel.
Le SPF Économie précise que son échantillon commence à deux travailleurs et écarte notamment l’agriculture, l’administration publique, les activités des ménages employeurs et les activités extraterritoriales. La publication Statbel citée ici porte sur les entreprises d’au moins dix personnes. Ces seuils expliquent une partie de l’écart possible entre les résultats, sans permettre d’attribuer mathématiquement tout l’écart à la seule taille.
Le tableau de données au format CSV reprend les principaux indicateurs utilisés dans cette édition. Chaque ligne conserve la population, l’année, l’unité, une note de périmètre et l’adresse de la source officielle afin de permettre une réutilisation prudente.
Les valeurs, dates et périmètres sont présentés comme des faits sourcés. Les passages formulés avec « suggère », « indique une priorité » ou « probablement » sont des interprétations éditoriales et non des conclusions attribuées aux organismes cités.
Partie 3 sur 14. 24 % ou 34,5 % : pourquoi les deux chiffres peuvent être justes
Le SPF Économie publie un taux de 24 % pour les PME belges en 2025. Statbel publie un taux de 34,5 % pour les entreprises d’au moins dix personnes de son enquête TIC et commerce électronique. Les deux organismes ne présentent donc pas le même dénominateur sous la même étiquette.
L’écart est cohérent avec l’effet de taille observé dans les deux sources. Le SPF Économie mesure 21,1 % d’utilisatrices parmi les microentreprises, 28,8 % parmi les petites et 54,5 % parmi les moyennes. Statbel relève près de 75 % parmi les entreprises de plus de 250 personnes. Dès qu’un périmètre donne davantage de poids aux grandes structures, son taux global peut monter sensiblement.
Le seuil d’entrée diffère aussi. Le SPF Économie inclut des microentreprises de deux à neuf personnes dans sa page dédiée aux PME, alors que le communiqué Statbel porte sur les entreprises d’au moins dix personnes. La comparaison directe de 24 % et de 34,5 % serait donc trompeuse, même si les deux séries indiquent une progression de l’usage.
Un dirigeant peut utiliser ces données comme points de repère. Pour comparer sa propre entreprise, il faut préciser la question : un salarié a-t-il testé une IA au cours de l’année, un outil officiel est-il déployé, des données métier y sont-elles reliées, ou un processus complet est-il piloté et mesuré ? Ces quatre situations correspondent à des niveaux de maturité très différents.
Règle de lecture : conservez le chiffre, sa population, son année et sa définition dans la même phrase. Une valeur isolée perd une grande partie de son sens.
Partie 4 sur 14. La fracture principale se situe entre les tailles d’entreprise
| Taille | Part utilisant l’IA en 2025 | Part ayant envisagé l’IA sans l’adopter |
|---|---|---|
| Microentreprises | 21,1 % | 8,1 % |
| Petites entreprises | 28,8 % | 9,3 % |
| Entreprises moyennes | 54,5 % | 12,4 % |
Ces données du SPF Économie suggèrent deux réalités. D’abord, le vivier d’entreprises qui étudient le sujet sans encore l’avoir adopté existe dans chaque catégorie. Ensuite, l’écart d’adoption augmente fortement avec la taille. Les structures moyennes disposent plus souvent de fonctions spécialisées, de données organisées, de budgets logiciels et de personnes capables de porter un projet transversal.
L’effet de taille ne condamne pas les petites structures. Il invite à réduire le périmètre du premier chantier. Une microentreprise peut commencer par une règle d’usage commune, un compte professionnel et une tâche administrative répétitive. Une entreprise moyenne peut avoir besoin d’un inventaire multiéquipes, d’une analyse de risque formelle et d’intégrations entre plusieurs systèmes. Copier le programme d’une grande organisation crée souvent plus de coordination que de valeur.
Pour un prestataire ou un décideur public, cette fracture indique aussi où l’accompagnement est utile. Les plus petites entreprises ont besoin de choix lisibles, de configurations sobres et d’un transfert rapide. Les organisations plus grandes ont davantage besoin de gouvernance, d’architecture, de sécurité, de conduite du changement et de mesure commune entre départements.
Partie 5 sur 14. Les usages observés : beaucoup de langage, déjà des processus
L’analyse de texte arrive en tête des technologies utilisées par les PME déjà engagées dans l’IA. Elle concerne 64,6 % d’entre elles selon le SPF Économie. La génération de langage, qui couvre une partie des assistants rédactionnels et conversationnels, atteint 39,3 %. Le traitement de la parole atteint 34,7 %. Ces valeurs montrent pourquoi les premiers cas d’usage se concentrent fréquemment sur les e-mails, les documents, les comptes rendus et la recherche d’information.
L’automatisation de flux de travail concerne 27 % des PME utilisatrices. Ce chiffre est important : une IA intégrée à un processus ne se gère plus comme un simple outil de rédaction. Elle peut lire une demande, classer un document, préparer une réponse, compléter un système métier ou déclencher une étape. Il faut alors gérer les exceptions, les accès, la traçabilité, le contrôle humain et l’arrêt du flux en cas d’erreur.
Statbel apporte un angle complémentaire. Près d’une entreprise sur quatre dans son enquête utilise l’analyse du langage écrit. Presque une entreprise sur deux réalise une analyse de données en interne, tandis qu’une sur cinq recourt à un prestataire externe pour cette activité. Les données de transaction sont analysées par 37 % des entreprises et les données relatives aux clients par 27,7 %. Ces résultats relient le sujet de l’IA à deux fondations plus anciennes : la disponibilité des données et la capacité à les exploiter.
- Documents et administration. Extraction d’informations, classement, synthèse et préparation d’une réponse avec validation.
- Vente et relation client. Résumé des échanges, préparation d’un rendez-vous, recherche dans une base validée et relance supervisée.
- Finance et pilotage. Catégorisation, rapprochement, explication d’écarts et préparation d’analyses à partir de données contrôlées.
- Opérations. Lecture de formulaires, traitement de tickets, signalement d’anomalies et orchestration d’étapes répétitives.
- Connaissance interne. Recherche dans les procédures, transmission de savoir et accès plus rapide à une information dont la source reste visible.
Partie 6 sur 14. Acheter, adapter ou développer : le marché est surtout un marché d’intégration
Plus de la moitié des PME utilisatrices choisissent une solution commerciale prête à l’emploi, selon le SPF Économie. Cette proportion atteint 66,8 % parmi les entreprises d’au moins 50 personnes. À l’inverse, 12,1 % développent une solution avec leurs propres salariés. Les autres trajectoires comprennent notamment l’adaptation d’un produit commercial, citée par 16,7 %, et l’adaptation d’une solution libre, citée par 18,3 %.
Environ une PME utilisatrice sur cinq fait développer ou modifier une solution par un prestataire externe. Les entreprises moyennes y recourent environ deux fois plus souvent que les structures plus petites. Il serait toutefois excessif d’en conclure que chaque PME a besoin d’un développement sur mesure. Une grande partie du travail consiste à choisir un outil, paramétrer les accès, nettoyer une source, définir les validations, relier deux systèmes et documenter l’exploitation.
Le bon critère de choix est la réversibilité autant que la performance. L’entreprise doit savoir qui détient les comptes, où résident les données, comment exporter les informations, comment retirer un accès, qui corrige une automatisation et comment reprendre la main. Une démonstration convaincante sans réponse à ces questions crée une dépendance difficile à évaluer.
Un projet d’IA durable laisse à l’entreprise ses accès, sa documentation, ses règles de validation et une équipe capable de comprendre le fonctionnement courant.
Partie 7 sur 14. Ce que les dispositifs wallons révèlent de la demande
Digital Wallonia indique avoir reçu, depuis 2020, plus de 1 100 demandes d’accompagnement et avoir apporté un soutien concret à 750 entreprises via les mécanismes Start IA et Tremplin IA. L’organisme précise que 80 % des lauréats sont des PME, dans des secteurs aussi variés que l’industrie, la santé, le commerce, l’agriculture et les services publics. Ces nombres décrivent la demande adressée aux programmes, non le taux d’adoption de toute la Wallonie.
Les résultats de Tremplin IA 8, publiés le 15 septembre 2026, offrent une photographie plus récente des projets accompagnés. L’appel a reçu 73 candidatures et en a retenu 42, soit un taux de sélection publié de 57,5 %. Vingt-sept prestataires différents interviennent dans les projets retenus. Le budget public de cette édition est détaillé dans la publication officielle.
Digital Wallonia répartit les lauréats de cette édition en trois groupes : 48 % comptent au maximum 20 équivalents temps plein, 29 % en comptent de 21 à 50, et 24 % plus de 50. Ces parts sont arrondies dans la publication et totalisent donc 101 %. Les thèmes cités comprennent l’automatisation administrative, le traitement de documents et de factures, les assistants et agents, l’analyse de données, l’ingénierie, la santé, la mobilité, l’énergie et l’optimisation industrielle.
Cette diversité confirme que la demande wallonne ne se limite plus à la création de contenu. Elle porte aussi sur les opérations et sur des données métier. Elle ne prouve cependant pas que tous ces projets obtiendront le même impact. La publication annonce une réforme des mécanismes devant se conclure en décembre 2026, avec Start IA envisagé comme préalable. Les modalités futures doivent être vérifiées lorsqu’elles seront officielles.
Données belges 2026
Les chiffres, leur périmètre et les décisions qu’ils éclairent.
Partie 8 sur 14. Aides en Wallonie : état vérifié au 8 octobre 2026
L’appel Start IA 2026 a été ouvert du 10 juin au 30 septembre 2026. Il prévoyait un cofinancement public plafonné, pour un audit obligatoire de cinq jours et une phase optionnelle pouvant aller jusqu’à cinq jours supplémentaires. À la date de cette édition, la période de candidature est terminée. Les conditions financières historiques figurent sur la page officielle, mais elles ne doivent pas être présentées comme celles d’une aide encore ouverte.
Le chèque maturité numérique est suspendu pour les nouvelles demandes depuis le 12 juillet 2026. L’administration indique que les demandes introduites avant cette date poursuivent leur traitement et qu’une restructuration du soutien numérique est en préparation autour de technologies critiques, dont l’IA. Les critères définitifs et la date d’un futur dispositif ne sont pas encore publiés sur cette annonce.
Le dernier appel visant à rejoindre le pool d’experts IA s’est clôturé le 3 juillet 2026. Digital Wallonia évoque un futur système de labellisation des prestataires, dont les modalités restent à préciser. Une entreprise qui prépare un projet doit donc demander à son interlocuteur sur quelle base officielle repose son éventuelle éligibilité.
- Vérifier la page de l’administration le jour où la mission est envisagée.
- Confirmer que l’entreprise, le projet et le prestataire remplissent les conditions publiées.
- Respecter l’ordre des démarches, notamment lorsqu’une demande doit précéder toute signature ou tout début de mission.
- Construire un projet viable même si l’aide n’est pas accordée ou si le calendrier change.
Partie 9 sur 14. À Bruxelles, une demande distincte avant le début de la mission
La Région de Bruxelles-Capitale dispose de ses propres règles. La prime Digitalisation peut soutenir une partie d’une mission de consultance éligible, sous conditions. La page officielle précise que la demande doit être introduite avant le début de la mission. L’entreprise et le consultant doivent également satisfaire aux critères publiés par Bruxelles Économie et Emploi.
Une aide générale à la digitalisation ne rend pas automatiquement tout projet d’IA éligible. Il faut relier la mission aux actions admises, vérifier la situation de l’entreprise et attendre la procédure prévue avant de commencer. Les règles bruxelloises ne doivent pas être déduites des appels wallons, même si les objectifs des projets peuvent se ressembler.
Pour toute aide régionale, gardez dans le dossier la version des conditions consultée, la date de la demande et la confirmation officielle applicable à votre projet.
Partie 10 sur 14. Situez votre priorité avant de choisir un outil
Situez votre entreprise dans ces données.
Lors d’un premier échange de 30 minutes, nous examinons vos usages actuels, vos contraintes et le problème métier qui mérite d’être étudié en priorité. Si les informations disponibles le permettent, nous formulons la prochaine étape à examiner : diagnostic, formation ou travail interne préalable.
Partie 11 sur 14. AI Act en 2026 : les actions utiles pour une PME utilisatrice
L’AI Act est entré en vigueur le 1er août 2024. Les interdictions relatives à certaines pratiques et les obligations de maîtrise de l’IA s’appliquent depuis le 2 février 2025. Le règlement est devenu largement applicable le 2 août 2026, même si certaines règles suivent un calendrier spécifique. La Commission européenne maintient le calendrier de référence et ses mises à jour.
Une PME qui utilise un système d’IA dans son activité quotidienne peut être considérée comme déployeur. Le SPF Économie propose une démarche pratique : dresser l’inventaire des systèmes, évaluer le niveau de risque, déterminer le rôle de l’entreprise, relier chaque usage aux obligations applicables et établir des règles internes. La qualification juridique doit tenir compte du système précis et de sa finalité.
L’article 4 demande aux fournisseurs et aux déployeurs de prendre des mesures pour soutenir le développement de la maîtrise de l’IA chez les personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte. La modification entrée en vigueur en juillet 2026 ne fixe plus de niveau précis ou « suffisant ». La foire aux questions de la Commission invite à adapter les mesures aux connaissances, à l’expérience, au contexte d’utilisation et aux personnes concernées. Un certificat unique n’est pas imposé pour documenter la démarche.
Lorsque des données à caractère personnel sont traitées, le RGPD continue de s’appliquer. L’Autorité de protection des données rappelle que l’articulation entre protection des données et intelligence artificielle demande une attention spécifique. Un inventaire utile doit donc indiquer les données envoyées, la finalité, le fournisseur, les accès, la conservation, le contrôle humain et la personne responsable.
1. Recenser les usages réels
Interrogez les équipes sur les outils officiels, les fonctions d’IA intégrées aux logiciels et les comptes individuels utilisés dans le travail.
2. Classer les données et les décisions
Repérez les données personnelles, confidentielles ou sensibles, ainsi que les sorties qui influencent une personne, un contrat ou une décision importante.
3. Attribuer un responsable
Chaque usage retenu doit avoir un propriétaire métier, une validation adaptée, une procédure en cas d’erreur et une date de révision.
4. Former selon les rôles
Un utilisateur occasionnel, un administrateur et une personne qui conçoit une automatisation n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes risques.
5. Garder une trace proportionnée
Conservez l’inventaire, les règles, les formations, les évaluations et les décisions qui expliquent comment l’entreprise encadre chaque système.
Partie 12 sur 14. Une grille de maturité en quatre niveaux
| Niveau | Situation observée | Priorité suivante |
|---|---|---|
| 1. Usages dispersés | Des personnes testent des outils sur des comptes séparés, sans inventaire commun. | Recenser les outils, fixer les données autorisées et fournir un cadre de base. |
| 2. Usages encadrés | Les comptes, règles et validations sont définis pour quelques tâches courantes. | Choisir un cas d’usage mesurable et relever une situation de départ. |
| 3. Pilote métier | Une équipe teste un flux réel avec responsable, contrôle humain et indicateurs. | Mesurer les erreurs, le temps net, l’adoption et le coût total avant extension. |
| 4. Système exploité | L’IA est intégrée à un processus, documentée, surveillée et maintenue. | Réviser les risques, les fournisseurs, la qualité des données et la continuité. |
Cette grille sert à choisir l’étape suivante, non à distribuer un label. Une PME peut être au niveau 4 pour le traitement d’un type de document et au niveau 1 pour l’usage général des assistants. La maturité se juge usage par usage, avec des responsabilités et des preuves adaptées au risque.
Partie 13 sur 14. Plan de décision sur trente jours
Semaine 1 : inventaire court
Réunissez les outils utilisés, les tâches concernées, les types de données, les abonnements et les personnes responsables. Notez aussi les usages non officiels signalés par l’équipe.
Semaine 2 : sélection d’un problème
Comparez cinq irritants selon leur fréquence, le temps mobilisé, la stabilité du processus, la disponibilité des données, le risque d’erreur et l’intérêt des utilisateurs.
Semaine 3 : protocole de pilote
Définissez un périmètre, une mesure de départ, les cas exclus, la validation humaine, le traitement des erreurs et la condition qui justifiera une poursuite.
Semaine 4 : test et revue
Testez sur des cas représentatifs. Comptez le temps de correction, documentez les exceptions et réunissez l’équipe pour décider de corriger, d’étendre ou d’arrêter.
Un premier mois ne doit pas viser une transformation complète. Il doit produire une vue fiable des usages, une règle commune et une décision étayée sur un cas concret. Si les données sont insuffisantes ou le processus trop variable, la bonne décision peut consister à améliorer le fonctionnement avant d’ajouter une IA.
Partie 14 sur 14. Les indicateurs à suivre en 2027
Les prochaines éditions devront observer davantage que le taux d’adoption. La diffusion des outils va probablement rendre la réponse binaire, utiliser ou ne pas utiliser, de moins en moins informative. Les questions décisives porteront sur le degré d’intégration, la gouvernance, la mesure de l’impact, la qualité des données et la capacité des équipes à reprendre la main.
- La part des PME disposant d’un inventaire de leurs systèmes d’IA.
- La part des usages reliés à une règle de données et à un responsable métier.
- Le nombre de pilotes évalués avec une mesure avant et après.
- La progression des usages intégrés aux opérations, au-delà de la génération de contenu.
- Les nouvelles modalités wallonnes d’accompagnement et de labellisation des prestataires.
- Les clarifications européennes et belges relatives à l’application pratique de l’AI Act.
Une mise à jour sérieuse devra conserver les séries historiques, signaler les ruptures de définition et dater chaque statut administratif. Elle devra également distinguer les résultats observés des interprétations. C’est la condition pour suivre le marché belge sans transformer chaque nouveau pourcentage en effet d’annonce.
Sources consultées
Sources vérifiées le . Les liens mènent vers les textes officiels ou vers la source primaire du chiffre cité.
- SPF Économie · Intelligence artificielle
Adoption, taille, technologies, usages, origine des solutions et freins dans les PME belges en 2025.
- Commission européenne · Cadre réglementaire européen sur l'intelligence artificielle
Calendrier consolidé de l'AI Act et obligations applicables en 2026.
- Statbel · L'intelligence artificielle s'impose au cœur des entreprises belges
Enquête TIC 2025 sur l'IA, l'analyse de données et le cloud dans les entreprises d'au moins dix personnes.
- Digital Wallonia · Digital Wallonia, catalyseur de l'adoption de l'IA dans les entreprises wallonnes
Demandes, bénéficiaires, profils et retours déclarés des programmes wallons Start IA et Tremplin IA.
- Digital Wallonia · Tremplin IA, huitième édition
Candidatures, lauréats, tailles, prestataires et thèmes des projets retenus en 2026.
- Digital Wallonia · Start IA 2026
Période, conditions, financement et contenu de l'appel Start IA clôturé le 30 septembre 2026.
- Chèques-entreprises · Suspension du chèque maturité numérique
Suspension au 12 juillet 2026, traitement des demandes antérieures et réforme annoncée du soutien numérique.
- Digital Wallonia · Pool d'experts IA
Clôture de l'appel 2026 et évolution annoncée du référencement des prestataires.
- Bruxelles Économie et Emploi · Prime Digitalisation
Conditions bruxelloises et obligation d'introduire la demande avant le début de la mission.
- SPF Économie · Vous utilisez l'IA au sein de votre entreprise
Démarche proposée aux déployeurs pour inventorier, qualifier et encadrer leurs systèmes d'IA.
- Commission européenne · AI Literacy, Questions & Answers
Application de l'article 4, adaptation des mesures aux rôles et absence de certificat unique imposé.
- Autorité de protection des données · Intelligence artificielle
Interaction entre les systèmes d'intelligence artificielle et les règles de protection des données.
Questions fréquentes
Quel pourcentage de PME belges utilise l’IA en 2025 ?
Le SPF Économie indique que 24 % des PME belges utilisaient au moins une technologie d’IA en 2025, contre 16,4 % en 2024 et 8,7 % en 2023. Ce chiffre concerne le périmètre PME de cette source. Il ne doit pas être confondu avec le taux de 34,5 % publié par Statbel pour les entreprises de son enquête TIC.
Pourquoi Statbel annonce-t-il 34,5 % alors que le SPF Économie annonce 24 % ?
Les deux chiffres n’ont pas exactement le même périmètre. Le SPF Économie isole les PME et montre un fort effet de taille. Statbel publie un résultat pour les entreprises d’au moins dix personnes couvertes par son enquête. Il faut conserver la source, la définition, l’année et le dénominateur avec chaque taux.
Quels usages de l’IA sont les plus courants dans les PME belges ?
Parmi les PME utilisatrices recensées par le SPF Économie, 64,6 % emploient l’analyse du langage écrit, 39,3 % la génération de langage et 34,7 % le traitement de la parole. Les applications citées touchent notamment la gestion financière ou comptable, les processus, le marketing et les ventes.
Les aides Start IA sont-elles encore ouvertes en Wallonie ?
L’appel Start IA 2026 s’est clôturé le 30 septembre 2026. Le chèque maturité numérique est suspendu pour les nouvelles demandes depuis le 12 juillet 2026. Une réforme des mécanismes est annoncée, mais les modalités futures doivent être vérifiées sur les pages officielles avant tout engagement.
Une PME qui utilise ChatGPT ou Copilot est-elle concernée par l’AI Act ?
Elle peut être considérée comme déployeur lorsqu’elle utilise un système d’IA dans son activité. Les mesures à prendre dépendent du système, de la finalité, du rôle de l’entreprise et du risque. L’inventaire des usages, les règles internes, la maîtrise de l’IA par les utilisateurs et l’analyse des données traitées constituent un socle utile.
Faut-il développer une IA sur mesure pour obtenir un résultat utile ?
La majorité des PME utilisatrices achètent d’abord une solution commerciale prête à l’emploi. Un développement spécifique peut se justifier lorsque le processus, les données ou l’intégration le demandent. Pour de nombreux projets, la configuration, la gouvernance, l’intégration et l’adoption comptent davantage que la création d’un nouveau modèle.
Comment mesurer la maturité IA d’une PME ?
Mesurez usage par usage : existence d’un responsable, données autorisées, validation humaine, indicateur de départ, documentation, formation et procédure en cas d’erreur. Une entreprise peut être mature sur un processus et encore exploratoire sur les autres. Un score global ne remplace pas cet examen concret.